Edito mai 2009

Le maire

 

Parlons vrai, parlons franc: je ne vous cacherai pas que c’est dans un véritable climat d’incertitude que la majorité municipale a construit son budget 2009. Pour la première fois en effet, nous avons défini nos orientations budgétaires en ignorant quels seraient les moyens alloués par l’Etat à la commune. Pour la première fois, nous avons attendu la date limite pour voter le Budget : le 31 mars 2009. Pour la première fois, le pacte républicain qui est le garant des engagements des élus et permet aux collectivités d’établir des projets à moyens et longs termes est rompu. Nous, élus municipaux, toute tendance politique confondue, savons par exemple que la suppression de la DSU - dotation de solidarité urbaine - entraînerait une baisse dramatique des recettes communales. A Cournon, sur deux exercices, cela représente environ 500 000€ sur notre budget.

Comment dès lors poursuivre notre politique sociale, défendre les services publics, maintenir nos interventions en direction des Cournonnais, mettre en œuvre nos projets pour assurer l’avenir de notre ville sans connaître les moyens dont nous disposerons dans les mois à venir ?

Les orientations budgétaires comme les choix retenus ont fait l’objet de débats nourris, de réflexions nombreuses. Au terme de ceséchanges, l’alternative suivante s’est dégagée et imposée à tous : réduire les prestations ou les maintenir en augmentant la participation citoyenne. Nous avons décidé d’opter pour la deuxième solution.

En effet, alors que le pouvoir d’achat régresse, que le nombre de chômeurs explose, et que les cessations d’activité ne cessent de croître, avions nous le droit de limiter -voire de supprimer - les services à la petite enfance, de diminuer les aides allouées par le CCAS, d’être moins présents aux côtés de nos anciens, de renoncer à nos choix culturels et notre politique sportive, d’abandonner le soutien aux associations et notre appui permanent à l’Ecole de la République ? Pouvions-nous rayer d’un trait de plume ce que nous avons tous ensemble pu construire toutes ces dernières années ? Nous ne le pensons pas.

Nous avons rejeté cette option parce que nous estimons qu’il est de notre devoir de préserver l’activité, le lien social et la solidarité. Nous avons également choisi de soutenir l’économie locale en maintenant les programmes d’investissement prévus pour améliorer le mieux vivre à Cournon, mais aussi pour permettre à notre ville de continuer à être en mesure d’assurer pleinement son rôle de seconde ville du département. Notre avenir se prépare aujourd’hui, nos projets feront notre quotidien de demain, celui aussi de nos enfants.

C’est pour cela que nous avons décidé d’assumer nos choix par un appel à la solidarité.

Pour la première fois en quatre ans, nous vous demanderons un effort fiscal. Vous constaterez que nous avons tenu compte de la difficulté dans laquelle se trouvent les plus démunis d’entre-nous en répartissant au mieux cette charge entre locataires et propriétaires. Décider d’augmenter l’impôt n’est pas une solution de facilité. Bien au contraire, mais cette décision s’accompagnera d’un ensemble de mesures qui en renforceront l’effet.

Dans le même temps, nous continuons d’exiger du gouvernement qu’il prenne en compte les difficultés des plus faibles, car il en est pour une large part responsable. Comment en ce sens expliquer aux nouveaux publics du CCAS que sont les chômeurs, certains retraités et travailleurs pauvres, que le gouvernement diminue ses aides aux collectivités alors qu’il met en place un bouclier fiscal pour les plus fortunés, qu’il donne ou avance des milliards aux banquiers sans contrepartie ?

La part des cadeaux fiscaux concédés à ceux qui n’en ont nul besoin comme aux entreprises s’élève à plus de 8 milliards € annuels. Si l’Etat reversait 6 milliards de cette somme à toutes les communes de France en fonction de leur nombre d’habitants, nous ne serions plus contraints d’augmenter les impôts des Cournonnais. Car cela représenterait 1,8 millions € pour Cournon, utilisés plus efficacement que ne l’ont été et ne pourront l’être les fonds placés en toute discrétion sur les fonds d’investissement de type Madoff. Et encore resterait-il 2 milliards € qui permettraient d’allouer une aide d’urgence de 1000 € aux 9 millions de plus démunis afin d’améliorer leur pouvoir d’achat.

Pour notre part, nous continuerons d’aider toutes celles et ceux qui sont au bord de la route. Nous nous efforcerons de maintenir l’emploi et l’activité par nos investissements locaux. Nous préserverons notre patrimoine naturel. Nous ferons en sorte que la culture et le sport permettent l’épanouissement du plus grand nombre et restent accessibles à tous.

Ce choix est fidèle à nos engagements. Il confirme notre attachement à la défense d’un service public de qualité, garant de l’égalité entre les citoyens. Disons le tout simplement: c‘est de plus en plus aujourd’hui aux collectivités locales qu’il revient de suppléer la présence défaillante de l’Etat dans nombre d’actes quotidiens de la vie. Comme c’est par exemple le cas avec les nouvelles procédures de délivrance des passeports bio métriques.

Je conclurai enfin en affichant notre fierté de voir Cournon désignée comme lauréate du “Prix de la ville la plus sportive du Massif Central”. Une récompense qui couronne non seulement notre démarche volontariste en faveur du sport, mais aussi - et surtout - l’étonnante vitalité affichée par les Cournonnais : prés de 6000 personnes (soit un tiers de la population) sont licenciées dans un des 37 clubs que compte la commune.

C’est ensemble, j’en suis convaincu, que nous continuerons à faire gagner Cournon.

Bertrand PASCIUTO
Maire-Conseiller général de Cournon-d’Auvergne

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