Incinérateur : obligeons le VALTOM à renoncer !
Depuis le 20 avril, ceux et celles d’entre vous qui empruntent la route conduisant au rond-point du Brézet ont pu voir s’élever un curieux village de tentes et de chalets de bois en bordure du chemin conduisant au site de Beaulieu.
Ce « village de la résistance » est le camp de base de l’ultime lutte qui vient de s’engager pour mettre un terme à la construction de l’incinérateur.
Un dernier combat où la participation de tous est requise. La mobilisation doit être générale et sans faille. Au terme de ce combat, la démocratie doit sortir gagnante.
Car c’est bien de démocratie dont il est question.
Lorsqu’un syndicat mixte de traitement des ordures ménagères – le VALTOM – sûr de détenir La Vérité, impose un mode de traitement des déchets dépassé, dangereux, rejeté par la population et les élus, dénoncé par un collectif de 531 médecins de l’agglomération clermontoise et de nombreuses associations, dont l’UFC-Que Choisir, il s’agit bel et bien d’un acte qui bafoue la démocratie.
Si la construction d’un incinérateur est massivement rejetée par la population, c’est parce que depuis de nombreuses années, des études successives menées par d’éminents scientifiques ont montré que la pollution par les incinérateurs (dioxines, furanes, plomb, arsenic, cadmium, mercure…) n’était pas maîtrisée et constituait un risque sanitaire majeur.
Pourquoi le VALTOM s’entête t-il à faire prendre aux populations un risque pour la santé publique, alors que des expériences et des connaissances nouvelles sont connues ?
Pourquoi brûler des déchets que l’on peut recycler ?
Alors que le coût de l’énergie et des matières premières ne cesse de croître, les déchets doivent, dorénavant, être considérés comme une ressource et recyclés au maximum.
L’expérience prouve que toutes les solutions alternatives à l’incinération passent, en priorité, par une réduction des déchets à la source, par un tri sélectif sérieux de la part des ménages – ce qui est fait avec Clermont-Communauté – et par une gestion de proximité des déchets. Par essence, un incinérateur est un véritable aspirateur à déchets, contraire aux bonnes pratiques environnementales que nous mettons en place.
Clermont-Communauté propose de moderniser le centre d’enfouissement de Puy-Long et de créer un système de tri mécanique et de valorisation biologique. Solidaire de l’ensemble des territoires, la Communauté d’agglomération est également prête à traiter une grande partie des déchets produits dans le département.
Faut-il souligner que la construction d’un incinérateur dans l’agglomération clermontoise ne serait pas sans conséquences sur les territoires ruraux ?
En effet, bien malin qui pourra prédire en quels lieux s’effectueront les retombées des molécules toxiques.
Certains d’entre-vous m’interpellent aujourd’hui sur la pertinence à continuer le combat alors que les travaux ont débuté sur le site de Beaulieu.
« Que peut-on encore espérer ? » me dites-vous.
Et bien tout d’abord, il faut garder à l’esprit que tant que l’incinérateur ne fonctionne pas, rien n’est perdu. Car si le VALTOM accepte de renoncer à la construction de l’incinérateur, Clermont-Communauté est prête à assumer les conséquences financières à court terme pour économiser plus de 150 millions d’euros sur le moyen terme et faire économiser aux contribuables 5 millions d’euros par an.
C’est pourquoi il ne faut surtout pas baisser les bras. Bien au contraire. Il faut s’engager dans la mobilisation qui est entrain de se renforcer autour du « village de la résistance » et faire entendre plus haut et plus fort notre voix. J’appelle toutes les Cournonnaises et tous les Cournonnais à le faire. Lors du dernier Conseil municipal, les élus ont voté une délibération autorisant le maire à engager toute action utile à l’empêchement de la construction de l’incinérateur.
Depuis le 20 avril, sur ce lieu symbolique de notre résistance, se relaient jour et nuit des opposants au projet d’incinérateur. Membres du collectif d’associations environnementales, simples citoyens, élus … se retrouvent pour afficher leur détermination et montrer que le combat est loin d’être terminé.
Rejoignez les, signez et faites signer la pétition en cours, informez-vous et informez autour de vous, participez à cet élan collectif …
Alors que l’on fête cette année le trentième anniversaire du départ de l’armée du camp du Larzac, je rappelle que cette victoire arrachée après l’élection de François Mitterrand est le fruit d’une lutte acharnée, qui, d’une revendication locale, partie d’une poignée de paysans, est devenue au fil du temps, une cause nationale, emblématique d’une société en quête de changements.
La Constitution française pose le principe de précaution à travers les articles suivants :
Art 1 : chacun à le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de l’environnement.
Art 2 : toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement
Art 4 : toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi.
Dores et déjà, je mets en garde le président du VALTOM sur les choix qui l’engageront personnellement sur la base des Constitutions françaises et européennes : un jour sera venu où des poursuites pourront être lancées contre ceux qui auront contribué, en connaissance de cause, à faire courir des risques à autrui en polluant notre environnement et en affectant notre santé.
Bertrand PASCIUTO
Maire-Conseiller général de Cournon d’Auvergne